Qu'est-ce que la résidence fiscale en Suisse ?
On devient résident fiscal suisse lorsqu'on y établit son domicile — c'est-à-dire le lieu où l'on séjourne avec l'intention de s'y installer durablement — ou lorsqu'on y séjourne sans interruption notable pendant au moins 30 jours en exerçant une activité lucrative, ou 90 jours sans activité. La résidence fiscale entraîne en principe une imposition sur le revenu et la fortune mondiale, sous réserve des conventions de non-double imposition.
La notion centrale est celle de résidence effective. Les autorités suisses, comme celles du pays quitté, examinent où se trouve réellement le centre des intérêts vitaux : logement permanent, présence physique, famille, attaches économiques et sociales. Une domiciliation purement formelle, sans installation réelle, est fragile et exposée à une requalification.
Imposition du revenu et de la fortune
La Suisse impose les personnes physiques à trois niveaux : fédéral, cantonal et communal. L'impôt sur le revenu est progressif et son taux global dépend fortement du canton et de la commune de domicile. À cela s'ajoute un impôt sur la fortune, prélevé uniquement par les cantons et communes, qui porte sur le patrimoine net mondial (immobilier, titres, liquidités) après déduction des dettes.
Cette double imposition revenu + fortune explique pourquoi le choix du canton et de la commune est déterminant : entre deux communes, la charge fiscale d'un même contribuable peut varier du simple au double. Pour les détenteurs de sociétés, la coordination entre fiscalité personnelle et fiscalité de l'entreprise est essentielle.
Le forfait fiscal : l'imposition d'après la dépense
Le Forfait fiscal, ou imposition d'après la dépense, est l'un des dispositifs les plus connus pour les particuliers fortunés qui s'installent en Suisse. Au lieu d'être imposé sur ses revenus et sa fortune réels, le contribuable est taxé sur la base de ses dépenses annuelles de train de vie.
Trois conditions cumulatives doivent être réunies : être de nationalité étrangère, prendre domicile en Suisse pour la première fois ou après une absence d'au moins dix ans, et n'y exercer aucune activité lucrative. Le forfait s'adresse donc typiquement aux retraités fortunés, aux rentiers et aux personnes dont les revenus proviennent de l'étranger.
La base imposable retient le montant le plus élevé entre plusieurs références : sept fois le loyer ou la valeur locative du logement, la dépense mondiale réelle du foyer, et un minimum légal. Au niveau fédéral, ce minimum ne peut être inférieur à 400 000 CHF de dépense. Les cantons fixent leur propre plancher : à Genève, la base minimale 2026 s'établit autour de 435 000 CHF au niveau fédéral et 426 357 CHF au niveau cantonal et communal.
Attention : le Forfait fiscal n'est pas disponible dans tous les cantons. Il est exclu à Zurich, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Extérieures. Tous les autres cantons l'autorisent.
Quel permis pour s'installer en Suisse ?
L'installation passe par l'obtention d'un titre de séjour, dont les règles diffèrent selon la nationalité.
Les ressortissants de l'UE/AELE bénéficient de la libre circulation. Avec une activité ou des moyens financiers suffisants et une assurance maladie, ils obtiennent généralement un Permis B (séjour) relativement aisément, puis un Permis C (établissement) après cinq ans en règle générale.
Les ressortissants d'États tiers (hors UE/AELE) sont soumis à des contingents et à des conditions plus strictes, l'autorisation étant souvent liée à un emploi qualifié, à un projet économique d'intérêt ou, dans certains cantons, à un arrangement reposant sur le Forfait fiscal. Un accompagnement local est ici déterminant.
| Permis | Public | Durée / nature |
|---|---|---|
| Permis B | Séjour (UE/AELE ou États tiers) | Séjour, renouvelable |
| Permis C | Établissement | Après 5 ans (en règle générale) |
| Permis L | Court séjour | Temporaire |
Quitter la France ou l'UE : anticiper l'exit tax
Le départ vers la Suisse ne se planifie pas uniquement côté suisse : le pays d'origine reste un point de vigilance majeur. La France, notamment, applique une Exit tax sur les plus-values latentes des participations significatives détenues par les contribuables qui transfèrent leur domicile fiscal hors de France. D'autres États de l'UE prévoient des mécanismes comparables.
Il est donc indispensable de séquencer le transfert de résidence : date effective du déménagement, rupture des attaches dans le pays quitté, traitement des participations, des contrats d'assurance-vie et des revenus de l'année de transition. Une mauvaise coordination peut entraîner une double imposition ou la perte du bénéfice des conventions fiscales.
Pour un décryptage complet de ce dispositif — conditions de déclenchement, calcul au PFU de 30 %, sursis de paiement pour la Suisse, délais de 2 et 5 ans, et stratégies concrètes de neutralisation — consultez notre guide dédié à l'Exit tax : calcul, sursis de paiement et stratégies pour quitter la France en toute sécurité fiscale.
Quels cantons pour les particuliers fortunés ?
Tous les cantons ne se valent pas pour un résident fortuné. Les arbitrages portent sur le barème du revenu, le taux de l'impôt sur la fortune, la disponibilité du Forfait fiscal et la qualité de vie. Des cantons comme Zoug, Schwytz, Nidwald ou Obwald sont réputés pour leur fiscalité personnelle clémente, tandis que Genève et Vaud restent prisés pour leur cadre international malgré une pression fiscale plus élevée.
Le bon choix résulte d'une simulation personnalisée intégrant la nature des revenus, le patrimoine, la composition du foyer et le projet de vie.
Conclusion
Établir sa Résidence fiscale en Suisse en 2026 offre un cadre fiscal et patrimonial attractif, à condition de respecter l'exigence de résidence effective, de choisir le bon permis, le bon canton et, le cas échéant, le Forfait fiscal. La clé réside dans une planification coordonnée entre la Suisse et le pays quitté, afin de sécuriser le transfert et d'éviter les pièges de la double imposition.
Vous envisagez d'installer votre résidence fiscale en Suisse ? Échangez avec nos experts pour évaluer le canton, le permis et le régime — forfait fiscal ou imposition ordinaire — les mieux adaptés à votre situation.
FAQ — Résidence fiscale en Suisse
Comment devenir résident fiscal en Suisse ?
En y établissant son domicile effectif (logement permanent et centre des intérêts vitaux) ou en y séjournant durablement, puis en obtenant le permis de séjour correspondant à sa nationalité.
Qui peut bénéficier du forfait fiscal ?
Les ressortissants étrangers qui s'installent en Suisse pour la première fois ou après dix ans d'absence et qui n'y exercent aucune activité lucrative.
Quel est le montant minimum du forfait fiscal en 2026 ?
Le plancher fédéral est de 400 000 CHF de dépense ; certains cantons imposent davantage, comme Genève avec une base autour de 435 000 CHF au niveau fédéral en 2026.
Quels cantons n'autorisent pas le forfait fiscal ?
Zurich, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Schaffhouse et Appenzell Rhodes-Extérieures. Tous les autres cantons l'autorisent.
Faut-il anticiper une exit tax en quittant la France ?
Oui. La France applique une Exit tax sur les plus-values latentes de participations importantes ; le transfert doit être planifié pour éviter une double imposition.

